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Les enfants dans le Royaume de Dieu

Marcel Rebiai, novembre 1997

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L’IMPORTANCE DE L’ENFANT DANS LA SOCIETE ET DANS LE ROYAUME DE DIEU

Chaque société devrait se préoccuper sérieusement de quelles valeurs leurs enfants seront impregnés, car les enfants ne sont-ils pas la substance biologique et spirituelle de chaque société à venir, de chaque peuple. L’attitude qu’aura la prochaine génération vis-à-vis du monde et de son prochain, les droits et les lois qu’adopteront un jour nos enfants, tout cela dépend de nous. Nous sommes responsables de ce qui se fera au temps où nos forces diminueront.
En général, l’être humain est déjà impregné des valeurs (conception du monde) à l’âge de douze ans. Même si à cet âge toutes les portes restent ouvertes pour Dieu, pour nous les adultes, le temps pour poser le fondement et bâtir la vie d’un enfant est essentiellement passé. C’est une courte période. Ainsi, la fermeté, le don de soi-même et la volonté d’aller au but sont de rigueur

La position de l’enfant dans la société

Nous esquissons ci-après trois exemples qui montrent comment un enfant est intégré dans des cultures les plus diverses et des classes différentes de la société, ceci aussi bien dans les milieus chrétiens que non-chrétiens. Chaque exemple exprime autre chose:

1. L’enfant est idéalisé et idolâtré
Il est la propriété des parents. Suivant ses talents et son aptitude à s’adapter, il sert aux parents à amplifier leur personnalité, et la famille ou la communauté le met en avant comme un „objet“ de qualité. L’enfant reçoit aide et soutien, parce qu’il remplit tous les espoirs et toutes les fonctions qu’on attend de lui. Surtout en ce qui concerne son habillement et son savoir, il sert d’homme sandwich. On prend soin de lui comme d’un symbole d’état. Mais, dès que l’enfant ne remplit plus ces fonctions, on ne lui porte plus guère d’intérêt et il manquera vite de soutien.

2. On porte peu d’importance à l’enfant
Aussi longtemps que l’enfant ne peut être utile à la communauté, on le laisse livré à lui-même jusqu’à ce qu’il ait assez grandi et qu’il soit assez fort pour travailler. Jusque là, on pourvoit simplement à ses besoins extérieurs. On est indifférent à son égard, car le rapport avec lui n’est orienté que sur le rendement.
Une telle attitude vis-à-vis de l’enfant est très fréquente dans le monde islamique. Ce n’est qu’à l’âge de 12 ans que l’enfant acquiert de l’importance et devient un membre de la société.

3. L’enfant est pris très au sérieux
On attribue à l’enfant d’être une personnalité individuelle, dont on ne doit abuser pour en faire une image propre aux adultes. On estime l’enfant comme étant une personne et on l’encourage au maximum dans l’intention de préserver le bien en lui et de le faire prospérer. Dans le rapport avec l’enfant, la raison joue un grand rôle. L’enfant doit autant que possible grandir dans la liberté de pouvoir se former ses propres valeurs. Il ne doit en aucun cas être manipulé à adopter une conception quelconque du monde ou de la religion. C’est l’image de l’homme humaniste qui est à la base de ce comportement vis-à-vis de l’enfant.

 
La place de l’enfant dans le Royaume de Dieu

C’est très souvent un grand défi pour l’adulte de se comporter de manière décontractée et naturelle vis-à-vis de l’enfant; soit l’adulte se comporte de manière enfantine, soit il se comporte avec distance envers lui. Il faut dire que cela n’est pas simple d’avoir la compréhension pour leurs besoins et leurs perspectives. C’est pourquoi, nous devons demander à Dieu de toujours mieux nous révéler sa vision de l’enfant.
Dieu attache une grande importance aux enfants; dans sa relation avec les êtres humains, les enfants prennent la même place que les adultes, c’est-à-dire Dieu prend au sérieux les enfants comme les adultes.

L’enfant a une place particulière
Dieu attribue aux enfants une place particulière dans la société humaine: «Et il prit un petit enfant, le plaça au milieu d’eux, et, l’ayant pris dans ses bras, il leur dit: Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits enfants me reçoit moi-même; et quiconque me reçoit, reçoit non pas moi, mais celui qui m’a envoyé.» (Marc 9, 36.37) «Et Jésus dit: Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Et il leur imposa les mains.» (Matthieu 19, 14.15)

L’enfant a une intuition innée de l’existence de Dieu
L’enfant a en lui le pressentiment originel que Dieu existe, qu’il est bon et qu’il peut se fier à lui. Plus l’enfant est jeune, moins cette intuition de Dieu est étouffée. La Bible le dit très clairement: «Jésus dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents et de ce que tu les as révélées aux enfants.» (Mt. 11,25) «Mais les grands prêtres et les scribes furent indignés à la vue des choses merveilleuses qu’il avait faites, et des enfants qui criaient dans le temple: Hosanna au Fils de David! Ils lui dirent: Entends-tu ce qu’ils disent? Oui, leur répondit Jésus. N’avez-vous jamais lu ces paroles: Par la bouche des enfants et des nourrissons, tu t’es préparé une louange?» (Mt. 21,15.16) Pour Jésus, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, que ces enfants ont reconnu qui Il est vrai-ment.

L’enfant ne connait pas encore l’orgueil
«Jésus plaça un enfant au milieu d’eux et dit: En vérité, je vous le déclare, si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux.» (Mt. 18,3.4) Celui qui se prend pour le moindre... L’enfant ne se prend pas pour être la norme de toutes choses et, par conséquent, ne s’élève pas au-dessus de Dieu. Il n’est pas orgueilleux; il croit tout. A cause de cela, chaque enfant est très accessible au message que Dieu existe et qu’Il l’a créé pour être en communion avec Lui. Il faut bien se rappeler: le
désir de discerner soi-même le bien du mal a séparé très loin les hommes de Dieu - et aujourd’hui encore c’est toujours la raison principale pourquoi tant d’hommes vivent sans Dieu.

L’enfant est sans protection
De par sa situation sociale, l’enfant est faible et à la merci de ce monde. Pour cela, Dieu veille tout particulièrement sur l’enfant, comme sur tous ceux qui sont faibles. «Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits, car, je vous le dis, aux cieux leurs anges se tiennent sans cesse en présence de mon Père qui est aux cieux.» (Mt. 18,10) «Mais si quelqu’un scandalisait un de ces petits qui croit en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on suspende à son cou une meule de moulin et qu’on le jette au fond de la mer.» (Mt. 18,6) C’est le seul passage où Jésus prononce un châtiment aussi sévère.
Comme vous le voyez, l’enfant a une relation très privilégiée avec Dieu à bien des égards.

UN ENFANT GRANDIT DANS LE ROYAUME DE DIEU

Etant sans protection, l’enfant repose entièrement sur la confiance, qui est l’élément dans lequel il peut s’épanouir. Parce qu’il a besoin de protection et d’aide, l’enfant est orienté sur le contact humain. Et c’est la volonté de Dieu que chaque enfant trouve cette protection. Dieu désire que cette intuition de Son existence reste maintenue et qu’elle se développe au fur et à mesure que l’enfant est orienté sur une relation avec Dieu et qu’il apprend à le connaître. Si l’enfant fait l’expérience que Dieu répond à la confiance qu’il lui fait, qu’il lui accorde la protection qu’il cherche et que sa relation avec Lui est réelle, alors le Royaume de Dieu devient une réalité toute naturelle pour lui, sans qu’il doive tout comprendre théologiquement. En passant par plusieurs „conversions“, il se tourne toujours plus profondément vers Dieu (ce qui ne se passe pas différemment chez les adultes). L’exemple de A., un garçon de sept ans, montre comment un enfant vit tout naturellement sa relation avec Dieu: Il prie Jésus quand la lumière ne fonctionne pas, quand le réfrigérateur est en panne de courant, quand sa maman n’a pas encore reçu le chèque du bureau de l’assistance sociale, pour son frère à l’internat - simplement pour tous les besoins du moment. A notre demande, comment il avait commencé à parler avec Jésus, il répondit: «Quand Jésus vint dans mon coeur, je l’ai senti. Il m’a parlé et m’a dit qu’il s’appelle Jésus. Comme j’ai senti sa bonté, j’ai commencé à prier et je sais qu’il m’entend.»

L’enfant fait l’expérience de Dieu, de sa protection, de sa fiabilité, de son affection à travers les personnes qui prennent soin de lui: ses parents, ses grandparents, son instituteur etc. Pour lui, ces personnes sont la concrétisation de Dieu invisible. La relation de l’enfant avec Dieu est influencée par la ma-nière que ces personnes ont de l’aborder, par leur manière de représenter Dieu, de parler de Lui et de leur relation avec Lui (être ‘sans’ contact avec Dieu montre aussi quelle est notre relation avec Lui!). Les personnes qui ont la charge de l’enfant peuvent maintenir ouverte la por-te que l’enfant a vers Dieu ou bien la fermer, car leur autorité est grande et les conséquences en proportion (comparer Mt. 18,6).
C’est durant l’enfance que les fondements pour la vie sont posés. L’idée qu’on a de Dieu, du monde, de son prochain, de soi-même est formée et fixée. C’est au cours des premières douze années d’une vie humaine que se forme la conception du monde: bien qu’à cet âge l’enfant ne soit pas encore à même de la formuler, il en est inculqué.

Il faut donc que durant ces premières années, l’enfant soit guidé d’une manière claire et nette, telle que la Bible le recommande: «Instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre; et quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas.» (Proverbes 22,6). Ceci signifie qu’il faut leur donner une orientation et une réponse, les protéger de toute nocivité venant de leur propre coeur. Ceci exige un total engagement et don de soi-même pour l’enfant. Si les parents négligent cette responsabilité, l’enfant s’orientera vers d’autres personnes qui lui montreront un chemin quelconque. L’orientation que l’enfant aura reçue sera consolidée avant son début dans le monde à l’âge de la puberté. Ceci est d’ailleurs confirmé par la connaissance de la psychologie de la puberté.
Les faits précités nous motivent à nous engager aussi dans la vie des enfants, en plus de tout ce qui nous incombe dans notre activité missionnaire. Dans toute la mesure du possible, nous voulons montrer aux enfants, par notre attitude et notre relation avec eux, que Jésus est leur ami et rédempteur, nous voulons leur parler du Père, en qui il peuvent se confier et du Saint-Esprit qui les aide et les console. Le temps de la puberté est une période de métamorphose, de transformation, durant laquelle le fondement pour la vie est mis à l’épreuve, car c’est une vie consciente, indépendante qui commence. Quelle tragédie pour les jeunes de devoir constater que le fondement pour leur vie manque ou qu’il est fragile! Quelle grande misère pour eux de se voir sans appui et faibles dans ce monde, parce qu’ils n’ont pas été aidés à se comprendre eux-mêmes, ni à comprendre les autres, le monde et Dieu. Une existence détruite, chez un adolescent, est très souvent le résultat de ce qui a été investi dans sa vie avant la puberté. Malgré l’importance et la nécessité de parler de Jésus aux enfants, il faut être absolument conscients que c’est en premier lieu par notre propre relation avec Jésus qu’ils apprendront vraiment qui est Jésus. Pour la plupart des choses, les enfants s’orientent vers ce qu’ils voient en nous.
C’est l’attitude que notre équipe de collaborateurs aura vis-à-vis des enfants, même si pas tous sont engagés dans le travail avec les enfants. Ce qui est investi ou non durant l’enfance et l’adolescence portera ses fruits dans la génération suivante, ce qui vaut aussi pour le Royaume de Dieu.

©Communauté de la Réconciliation

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