Marcel Rebiai, août 1997
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…est l’expression de ma relation avec Dieu
Souvent, le sens d’une vie en commun est mal interprété. On y voit la possibilité d’y gagner quelque chose, de ne plus être seul, d’y trouver la sécurité et l’attention dont on a besoin - en d’autres termes, une possibilité de se débarasser de ses problèmes, de ses limites et, avant tout, de sa solitude.
Au sens biblique, toutefois, la relation est la base de toute communauté fraternelle et signifie tout autre chose: c’est détourner les yeux de soi-même pour les diriger entièrement sur l’autre, se rapporter à l’autre. Ma relation personnelle avec Dieu le Père sera exprimée dans l’intensité, la sincérité et l’engagement avec lesquels je partage ma vie avec mon frère, dans mon rapport avec lui. «Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut pas aimer Dieu qu’il ne voit pas» (1 Jean 4,20). Il faut que mon amour envers Dieu se manifeste dans l’amour que je porte à mon frère.
Pour bien saisir les rapports élémentaires qui existent entre ma relation personnelle avec Dieu et la vie en commun, il est important de comprendre les desseins de Dieu lors de la création.
Dieu a créé l’homme pour être son partenaire, pour qu’il soit en communion avec lui, car Dieu est un Dieu de communication. La communion n’est pas une organisation, ni une institution, mais l’expression d’une relation réellement vécue.
Le but de la Création
Depuis toujours, le but de la Création est la communauté; la communauté de l’humanité avec Dieu, des hommes entre eux et des hommes avec la création entière. Dieu a créé l’homme pour qu’il vive dans une relation avec lui; car, c’est seulement dans une relation personnelle avec son Créateur que l’homme parvient à se connaître soi-même, à trouver son identité, sa sécurité, la paix du coeur, tout ce qui constitue sa vie. Ayant créé l’homme pour en faire son partenaire, Dieu l’a créé à son image, avec l’aptitude d’aimer. Dieu voulait que l’homme s’associe à sa nature qui est d’aimer. C’est dans la relation que l’amour se manifeste.
Le péché originel a provoqué une rupture de relation à tous les niveaux. L’homme n’a plus eu recours à Dieu ni à sa Parole et la conséquence pour lui fût la cassure définitive de toutes ses relations vitales: de sa relation avec Dieu, de sa relation avec lui-même et de sa relation avec les autres. De ce fait, l’homme ne peut plus se comprendre lui-même, il a perdu son identité et sa sécurité. Il a oublié ce qu’il est, car, détaché de toute relation, il n’a plus d’informations sur lui.
Jusqu’à ce jour, cette réalité subsiste dans le monde; même pour nous les rachetés, les conséquences de cette grande tragédie sont aussi visibles dans notre propre vie; les relations que nous avons avec nous-mêmes, avec notre prochain et avec Dieu ne sont pas toujours intactes, saines, transparentes, nettes. La peur, l’egoïsme et l’égo-centrisme sont devenues les forces qui dirigent notre comportement. L’amour est éteint et la relation rompue - la communion n’est plus possible.
La lumière, la vérité et la communion
Malgré cela, le dessein de Dieu est resté inchangé: il voulait la communion. Pour cela, il nous a donné en Jésus une chance de revenir à lui, le Dieu de communication, et d’être réintroduit dans cette communion. Jésus dit: «Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie» (Jean 8,12). Celui qui suit Jésus, qui a recours à lui, qui est orienté sur lui aura la vie et la communion. «Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché» (1 Jean 1,7). Il y a communion dans la mesure où nous vivons les uns avec les autres et les uns devant les autres dans la lumière de Jésus, c’est-à-dire dans la mesure où nous serons révélés avec notre être entier devant les autres. Notre nature pécheresse, nos fautes, nos faiblesses sont révélées dans la lumière, ce que nous pourrons seulement supporter si nous nous laissons purifier par le sang de Jésus, si nous pardonnons et acceptons d’être pardonnés. L’amour fraternel (ou la communion) n’est possible que dans la lumière, et les deux ensemble nous gardent sur le droit chemin vers le Père: «Qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a rien en lui pour le faire trébucher» (1 Jean 2,10).
Qui vit dans la lumière pourra être vraiment en communion avec chaque personne, quel que soit sa position, son rang social, sa culture ou son imprégnation. Chaque chrétien est appelé à vivre et à partager sa vie dans la lumière.
Par sa mort, Jésus a voulu avant tout nous ramener à la situation qui existait avant la chute d’Adam, soit à une relation saine, intacte et parfaite avec le Père. Jésus nous a réconciliés avec le Père pour qu’une réconciliation devienne aussi possible avec nous-mêmes et avec notre prochain. Se réconcilier c’est se tourner vers les autres, se rapporter aux autres. Une fois réconcilié, je vis de nouveau en relation, en communion avec les autres. Sans crainte et sans méfiance, je peux entrer dans la vie de mon prochain et le laisser prendre part à ma vie. Se tourner vers l’autre, c’est l’accepter entièrement comme il est, avec toutes ses fautes et ses faiblesses. Alors, des relations de confiance, libres d’accusation, de méfiance et de crainte deviennent possibles. Une relation détériorée ne pourra s’assainir que si nous la vivons, la mettons au clair et que nous permettons au Saint Esprit de nous conduire dans la vérité sur nous-mêmes, sur Dieu et sur notre prochain.
Le testament laissé par Jésus à ses disciples
Par sa mort sur la croix, Jésus nous a de nouveau mis à même d’obéir au commandement qui signifie l’accomplissement de la loi et des prophètes, de tous ses plans. En rétablissant notre relation avec Dieu, Jésus nous a de nouveau rendus capables d’aimer, car c’est pour cela que nous avons été créés: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le deuxième, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-même» (Matthieu 22, 37-39). ‘Et voici le deuxième, qui lui est semblable’: L’amour, l’intérêt que nous portons à notre frère découle toujours de notre amour pour Dieu. Plus ma relation avec moi-même sera saine, plus je deviendrai disponible pour me tourner vers mon prochain. Jean l’affirme ainsi dans sa première lettre: «Et nous avons de lui ce commandement: Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère» (1 Jean 4,21). L’amour se voit dans ma façon d’être avec mon prochain, de me tourner vers lui, de m’intéresser à lui. Il est impossible d’avoir une relation vivante avec Dieu sans que cela soit visible dans ma relation avec moi-même et avec mon prochain.
Partager sa vie, vivre ensemble, ce n’est pas l’apanage de ceux qui ont un appel ou un don particulier, mais c’est tout simplement la marque caractéristique du disciple de Jésus. Jésus dit dans le testament qu’il a laissé à ses disciples: «Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres» (Jean 13, 34-35). Ce n’est pas par une vie parfaite, ni par des manifestations surnaturelles que le monde identifiera les disciples de Jésus, mais par l’amour que nous avons les uns pour les autres. C’est dans nos relations que le Royaume de Dieu sera visible, perceptible et une réalité pour le monde.
Dès que je m’engage pour de telles relations dans la lumière, que ce soit dans ma famille, dans la cellule ou à mon travail, je serai immanquablement confronté avec la vérité sur moi-même et sur mon frère. L’étroitesse, le manque d’exactitude, l’égoïsme, la pédanterie, l’égocentrisme, la tendance à être superficiel, bref tout ce qui dans la vie de mon frère a encore besoin de sanctification me touchera de près, me préoccupera (bien entendu, il ira de même pour mon frère, si lui aussi s’engage entièrement pour moi!). Sa vie ne deviendra véritablement un fardeau pour moi que si je me préoccupe de lui et de tout ce qui fait partie de lui, si je ne l’évite plus et m’engage pour sa vie, si sa vie devient une partie de ma vie, si par amour pour Dieu et pour lui je deviens son ‘gardien’ et je n’agis pas comme Caïn, qui s’est détourné de son frère, en me disant: ‘Que chacun regarde pour soi!’ Paul, qui connaissait fort bien le prix de l’amour fraternel, des relations les uns avec les autres, dit dans Gal.6,2: «Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi du Christ». La loi du Christ est résumée dans le double commandement d’aimer selon Matthieu 22, 37-39, et si nous voulons l’accomplir, nous aurons le fardeau de notre frère à porter. Mais il n’y va pas seulement du fardeau de l’autre. Moi aussi je dois laisser porter mon fardeau, me fier entièrement à mon frère sans distance, sans filtrage, sans me dérober. Si j’y suis ouvert, je serai dévoilé à mon frère à la lumière de Jésus. Vivre en commun exige que je prenne chaque jour à nouveau la résolution de ne pas garder distance, ni de rester sur mes gardes, de ne rien soustraire à Dieu ni à mon frère.
Dans ce monde, mais pas de ce monde
Dans le monde et dans le Royaume de Dieu, la motivation pour une communauté est fondamentalement différente. Dans le monde, une communauté se forme toujours dans le but de développer ses intérêts communs: des gens qui ont les mêmes intérêts se rencontrent et profitent les uns des autres jusqu’à ce que leurs intérêts changeants les séparent de nouveau. La sympathie ou toutes sortes de contributions, comme p.ex. les talents, le savoir, la beauté ou le pouvoir jouent un grand rôle. On choisit ses relations en fonction des avantages qu’elles apportent, on se sert des autres pour arriver à sa propre vie.
Dans le Royaume de Dieu, la communauté chrétienne est comme une famille dans laquelle on est né et on ne peut choisir ses frères et ses soeurs. La seule chose qui nous unit, nous les disciples de Jésus, c’est notre appartenance à cette famille, et ce n’est pas une contribution quelconque de notre part qui légitime cette appartenance. Nos talents, nos intérêts, notre formation professionnelle sont secondaires. Nous nous assemblons non pas pour vivre en profitant les uns des autres, mais pour rencontrer ensemble Jésus, qui donne la vie.
Une communauté orientée sur des buts personnels peut se dissoudre à tout moment; mais, on ne peut pas sortir comme ça d’une famille, même si ce n’est pas toujours agréable. Ces relations de famille subsisteront pour l’éternité.
Ma motivation de rencontrer l’autre n’est pas ce qu’il est, mais elle est Jésus en lui qui me rencontre. Comme c’est Jésus seul qui confirme ma vie, ma valeur et ma personnalité, je n’ai pas à relier l’autre à mes besoins.
Le Royaume de Dieu devient réalité là où nous nous portons les uns les autres par amour pour Jésus (et non par sympathie réciproque) sans nous distancier quand nous sommes confrontés avec les faiblesses des autres. C’est seulement si nous vivons une relation réconciliée avec Dieu qu’il nous est possible d’aller à la rencontre des autres par égard pour eux, sans avoir l’arrière-pensée de me servir d’eux d’une façon ou d’une autre.
…crée de l’espace pour vivre
«Oh! qu’il est agréable, qu’il est doux pour des frères de demeurer ensemble! C’est comme l’huile parfumée qui, répandue sur la tête, descend sur la barbe d’Aaron, qui descend sur le bord de ses vêtements. C’est comme la rosée de l’Hermon qui descend sur les montagnes de Sion; car c’est là que le Seigneur envoie la bénédiction, la vie, pour l’éternité» (Psaume 133). Dieu prend plaisir à regarder ses enfants qui, réconciliés les uns avec les autres (unis ensemble), partagent leur vie dans l’harmonie et l’amour réciproque. C’est là qu’il accorde sa bénédiction et la vie pour l’éternité. N’est-ce pas ce que nous désirons ardemment, ce à quoi nous aspirons de tout notre coeur? Demeurer ensemble ne signifie pas forcément demeurer dans le même logement ou la même localité. Cela exprime plutôt la qualité, la sincérité de nos relations, c’est-à-dire que nos relations sont franches, ouvertes, familières, que nous nous savons acceptés, que nous nous sentons à l’aise les uns avec les autres. La vie de l’un concerne l’autre, n’est pas indifférente à l’autre. La prospérité de mon frère, sa relation avec Dieu, sa vie quotidienne et son chemin me concernent, me conduisent à penser, à prier, à porter et à agir avec lui. Dieu prend plaisir à ceux qui partagent leur vie, qui prennent part à la vie des autres et qui laissent prendre part à la leur; c’est à eux que Dieu accorde sa bénédiction, qu’il donne lui-même la vie, la possibilité de vivre.
Le fait de savoir que mes frères et soeurs m’aiment et me portent leur attention crée l’espace dont j’ai besoin pour vivre. Je me sens bien et en sécurité quand je vois que les autres me cherchent, qu’ils m’acceptent, qu’ils sont avec moi. Alors, l’amour de Dieu est concrètement visible en mon frère, la confiance en Dieu et entre frères et soeurs devient toujours plus grande. Ce climat détend et rend libre; on ne doit plus s’acharner à défendre sa propre vie ni chercher à se confirmer, on ne doit plus craindre de ne pas trouver son compte. On peut dire avec le psalmiste: «Du fond de ma détresse, j’invoquai l’Eternel, et il m’a répondu en me mettant au large» (Psaume 18,5). Il en résultera de l’espace pour vivre, un horizon plus large qui me fera voir en mon frère que Dieu m’accepte, m’aime, m’estime et me connait tout à fait. Bien sûr, Dieu peut aussi nous révéler tout cela directement dans notre coeur. Mais il veut surtout que son amour soit visible pour moi en mon frère et en moi pour mon frère.
L’espace pour vivre est aussi donné quand je sais que je peux faire entière confiance à mon frère avec tout ce qui est en moi, que son amour envers moi subsistera même quand il découvrira des torts, des fautes, des faiblesses en moi. Pour pouvoir s’ouvrir et se confier réciproquement dans une telle mesure, il est nécessaire de délimiter clairement l’engagement que nous prenons les uns avec les autres. Il faut s’exprimer ouvertement et se mettre d’accord sur des points tels que la discrétion, la résolution de chercher à toujours mieux se comprendre, d’être vrai et sincère l’un envers l’autre. Il n’y a de la chaleur que dans une maison, dont les fenêtres sont calfeutrées. Et encore, il faut avoir le courage, être bien résolu a laisser les autres regarder derrière les coulisses de notre vie quotidienne, c’est-à-dire vivre dans la lumière dont parle 1 Jean 1,7. Chacun cherche à se dissimuler, à se camoufler, à détourner l’attention de soi - les jeux à cache-cache sont multiples car, de nature, nous sommes trop lâches pour avouer ce qui se passe véritablement en nous, par crainte d’être rejeté. Dès le moment où j’ai décidé de partager ma vie, elle devient publique pour un groupe déterminé de frères et soeurs. Mais, dans le cadre d’une vie partagée et engagée, mes incertitudes, mes craintes et mes faiblesses peuvent être mises au jour parce que j’ai rencontré en mon frère l’amour sans condition de Jésus, qui ne se détourne jamais de moi. Mes côtes faibles peuvent être mis à nu, sans que ce soit une humiliation pour moi, sans que mes frères et soeurs se distancient, parce que leur amour les couvre. Ma dignité n’est pas ébranlée.
S’engager avec sa vie et la partager, c’est aussi renoncer à une certaine sphère privée et à l’individualisme, qui au fond donnent l’illusion d’être les moyens par lesquels nous créons nous-mêmes l’espace de notre vie. Ce renoncement a un prix pour chaque individu, car il n’existe aucun être humain qui soit naturellement fait pour la communauté. Chacun est individualiste de naissance; de par sa nature, il cherche à créer lui-même l’espace de sa vie, selon ses propres idéals et les possibilités, soit par des biens matériels, soit par le temps qu’il investit pour lui-même, soit par son travail pour acquérir une instruction, un savoir, une carrière, soit par des activités chrétiennes, des hobbies ou un service particulier, soit par des relations qu’il s’approprie. Toutefois, tout ce que nous possédons fait partie de ce monde, et, un jour, nous devrons tout laisser. Les biens que nous possédons peuvent nous être enlevés d’un jour à l’autre; ils ne font pas partie de la vie éternelle dont parle le psaume 133.
Non, la vie éternelle, ce n’est pas les biens que je possède, mais l’amour de Dieu que j’ai vécu en mon frère et qui transforme mon coeur, qui me donne la confiance et la certitude que Dieu est pour moi. Même si mon frère n’est plus là, je continue à vivre réconcilié, sur le fondement de cette expérience.
Le but de demeurer ensemble, de vivre l’amour fraternel est toujours de faire de Dieu la seule source de notre vie. Partager sa vie, s’engager à une vie commune nous conduira dans une relation toujours plus profonde avec Dieu et non pas à devenir dépendant des autres, comme certains le prétendent; car, dans une vie commune, toutes nos propres insuffisances ainsi que celles de nos frères viennent petit à petit à la lumière. Nous dépendrons alors d’autant plus de la grâce divine pour accepter l’autre malgré ses ‘fautes incorrigibles’.
La sincérité d’une communauté chrétienne sera visible à la manière avec laquelle ses membres s’accordent et vivent dans une relation sérieuse, profonde et sans contrainte avec Dieu le Père.
…rend capable et libère pour servir
Notre réconciliation avec Dieu, avec nous-mêmes et avec notre prochain, le rétablissement de nos relations de même que la création d’un espace pour notre vie intérieure sont l’oeuvre du Saint-Esprit. Bien que ce soit dans notre relation avec nos frères et soeurs que nous vivons tout cela, que ce soit en eux que nous rencontrons l’amour de Dieu, c’est le Saint-Esprit lui-même qui produit en nous cette réconciliation et cette largeur.
Le but du Saint-Esprit est toujours de bâtir et d’élargir le Royaume de Dieu. Il le fait tout d’abord dans notre coeur et nous prépare ainsi à servir. Demeurer ensemble n’est pas un but en lui-même, ce n’est pas non plus s’épuiser à atteindre son salut personnel. Nous ne sommes pas seulement appelés à nous aimer les uns les autres, mais aussi à chercher et à sauver ce qui est perdu.
C’est lorsque la question de ma propre valeur a été clarifiée, que je deviendrai dans une large mesure capable de servir. C’est dans ma relation engagé et confiante avec mes frères et soeurs que j’arriverai un jour à comprendre dans mon coeur que ma valeur est uniquement dans l’amour de Dieu à mon égard. Rien de tout ce que je me suis approprié, rien de ma fortune, aucun de mes talents, rien de ce que les autres pensent et disent à mon sujet ne fait ma personnalité. Dieu le Père est le seul qui ait le droit de m’attribuer mon identité.
C’est en marchant dans la lumière que j’apprends à me mouvoir librement, sans crainte. Une fois que je suis découvert devant mes frères et soeurs, je n’ai plus rien à perdre. Alors, j’ai le chemin libre pour avoir une relation, une amitié avec qui que ce soit, au-delà de mes propres expériences et de mes sympathies personnelles.
Lorsque je suis engagé à partager ma vie, j’apprendrai à toujours mieux connaître Dieu le Père, et il m’attirera toujours plus près de son coeur. Là, je n’y trouverai pas seulement la sécurité pour ma vie, mais aussi les pensées de Dieu pour mon prochain qui, bien qu’étranger pour moi, lui est familier et proche. Près du coeur du Père grandira mon désir d’aller vers ceux qui sont perdus, ceux qui vivent dans la solitude, sans affection, prisonniers de la mort pour leur apporter la Bonne Nouvelle que Dieu les aime. Pour cela, il n y a pas besoin d’être missionnaire, ni pasteur; dans toute branche professionnelle, dans chaque bureau ou chantier, dans chaque commerce et chaque quartier, nombreux sont ceux qui vivent dans les ténèbres, dans la peur de la mort. Notre travail quotidien peut toujours être l’occasion d’apporter la Bonne Nouvelle à notre entourage.
Ce n’est mon savoir théologique qui en premier lieu me rendra capable d’attester aux autres que Jésus est le Christ, mais ma relation fervente avec le Père et le fait de savoir qu’il m’a tout donné avec Jésus.
Dieu est tout à fait pour moi, il me guérit, il m’établit comme majeur héritier de son Royaume, comme décrit par exemple dans l’Apocalypse 5,9 et 10: «…et tu (Jésus) as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation; tu as fait d’eux un royaume et des prêtres pour notre Dieu, et ils règneront sur la terre.»
©Communauté de la Réconciliation